La Psathyrella ammophila est un champignon basidiomycète fascinant, strictement lié aux milieux dunaires littoraux. Sa capacité à survivre dans le sable mobile en fait une espèce emblématique des côtes maritimes.
Mesurant entre 1 et 4 cm de diamètre, il est d'abord hémisphérique puis devient convexe à aplati. Sa couleur varie du beige au brun-ocre sale. Il est hygrophane (change de couleur selon l'humidité) : il pâlit considérablement en séchant.
Elles sont adnées, serrées, d'abord de couleur argile ou beige, puis brun-noirâtre à maturité sous l'effet de la sporée.
C'est la caractéristique la plus impressionnante de l'espèce. Le pied est profondément radicant : une grande partie (souvent plus longue que la partie aérienne) est enterrée dans le sable, agglomérant les grains pour ancrer le champignon. La partie visible est courte, blanchâtre et fragile.
Spores brun foncé à brun-noirâtre; ellipsoïdes à oblongues vues de face, parfois légèrement asymétriques ou amygdaliformes de profil 10,5–14 (15) × 6–8,5 µ. Pore germinatif très net, 1,5–2 µ, central et tronqué.
Habitat exclusif : On la trouve uniquement sur les dunes de sable littorales (dunes blanches et grises), souvent associée à l'oyat (Ammophila arenaria).
Elle joue un rôle écologique important dans la stabilisation des sables en décomposant la matière organique (souvent les racines mortes des graminées pionnières). Elle fructifie principalement de la fin de l'été jusqu'au début de l'hiver.
Sans intérêt culinaire. Bien que non mortelle, sa chair est insignifiante, fragile, et le risque d'ingérer du sable est total. De plus, c'est une espèce à protéger de par son habitat fragile.
Atlas d.l.Flore d'Algérie,90pl, Durieu & Léveillé (1846-49) planche 31/8 (nom employé : Agaricus ammophilus)
Bol.Centro Mic.Friulano, Camboni & Migliozzi (2002) page 1-3 planche p.1-2 (nom employé : Psathyrella ammophila)
BSMF 86, Bon (1970) page 108 (nom employé : Drosophila ammophila)
Champ.de France et d'Europe, Courtecuisse & Duhem (1994) page 264 planche 789 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Champ.observés à la Rochelle, Bernard G.E. (1882) page 132 (nom employé : Agaricus ammophilus)
Champ.sup.du Maroc 1, Malençon & Bertault (1970) page 179 (nom employé : Drosophila ammophila)
Doc.Myc.,fasc.74, Bon (1988) page 63 planche p.65 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Doc.Myc.,fasc.96, Citerin & Bon (1995) page 44 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Doc.Myc.fasc.37-38, Mornand (1979) page 40 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Enchiridion Fungorum, Quélet (1886) page 117 (nom employé : Drosophila fatua v.ammophila)
Flore analytique des Ch.sup., Kühner & Romagnesi (1953) page 358 (nom employé : Drosophila ammophila)
Int.J.Myc.Lich. 1(3), Folgado, Honrubia & Costa (1984) page 361 (nom employé : Psathyrella ammophila)
KKF II b (1°éd.), Moser (1953) page 200 (nom employé : Deconica ammophila)
Les Hyménomycètes (p.1-224), Gillet (1874) page 587 (nom employé : Psilocybe ammophila)
Macrof.Fl.Guangdong Province, Bi Z.S., Zheng G.Y. & Li T.H. (1993) page 400-401 planche 79/7-11 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Micol.e Vege.Mediterranea 4(2), Calonge (1989) page 21-28 planche p.25 (nom employé : Psathyrella ammophila)
N.AM.Species of Psathyrella, Smith (1972) page 343 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Persoonia, suppl.2, Kits van Waveren (1985) page 103 (nom employé : Psathyrella ammophila)
Svampe 33, Elborne (1996) page 37-47 (nom employé : Psathyrella ammophila)
TBMS 43, Orton (1960) page 180 (nom employé : Psathyrella ammophila)
En raison de son habitat très spécifique, les confusions sont rares. Cependant, on peut parfois la confondre avec d'autres petites espèces brunes, mais l'absence de pied radicant dans le sable permet de lever le doute immédiatement.